Mea Culpa ?

Corona, août 2019 par Cédrick-Isham

Quand Axelle m’a soumis cette idée de masculinité positive noire, je me suis, dans un premier temps, demandé ce qui avait bien dû la titiller pour qu’elle ait en tête un tel projet. Nous avons pour habitude de débattre et de partager nos réflexions et en soi, je n’étais pas étonné qu’elle sorte un nouveau concept de son chapeau. 
J’ai reçu l’idée comme on goûte de nouvelles épices. Cela me paraissait appétissant, et l’idée de pouvoir développer tout un univers autour de cette vision m’excitait au plus haut point. 

Je pratique la photographie depuis maintenant 10 ans, et l’humain a toujours été au cœur de ma démarche. J’ai pratiqué le rap; je le pratique encore d’ailleurs, et je crois que j’ai toujours eu une certaine sensibilité pour les sujets ayant pour centre le « ce que nous sommes ». Il n’y a rien de plus palpable que de parler de ce qui nous concerne de façon directe et absolue. L’exercice n’est pas chose facile mais à « vaincre sans péril, l’on triomphe sans gloire »…Je ne cherche pas tant la gloire en soi, même si mon égo s’en accommode bien quelque fois, mais je désire fortement laisser une trace ou des traces derrière moi. Je pense que c’est ainsi que je vois le reste de ma vie : contribuer à investir mon temps et mon énergie dans des démarches qui ont du sens et qui sont concrètes. Et la masculinité positive noire, s’inscrit dans cette logique. 

Notre société a beaucoup souffert des clivages entre hommes et femmes, des trahisons entre hommes et femmes, des failles entre hommes et femmes. Peut-être avons-nous encore le temps de transformer des réalités que nous avons construites par nos mauvais choix

Cédrick-Isham

Mais je m’en vais vous expliquer pourquoi, ce sujet me parle en profondeur. Je suis un homme et j’ai des failles. J’ai commis des erreurs et j’ai blessé des personnes qui m’étaient chères. Des personnes qui avaient de la valeur et dont je ne mesurais pas assez la portée. En réfléchissant à ce projet, j’y ai vu une occasion pour moi de me pencher sur la mise en place et la construction de ce qui pourrait m’aider à avoir une approche différente des faux pas que j’ai pu commettre. Ce n’est pas du rachat, ni une volonté de se donner bonne conscience, mais c’est être pleinement participant d’une volonté nouvelle.

Notre société a beaucoup souffert des clivages entre hommes et femmes, des trahisons entre hommes et femmes, des failles entre hommes et femmes. Peut-être avons-nous encore le temps de transformer des réalités que nous avons construites par nos mauvais choix. Et si toutefois, le temps venait à nous manquer, alors je veux croire que nous sommes en train de tracer un chemin que d’autres volontés arpenteront. C’est là notre destin. Vague après vague; concourir pour un meilleur vivre ensemble.

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